Texte : Florian Baudouin
Photos : Bente van der Zalm

C’était ce mardi soir l’un des concerts les plus attendus de l’année, histoire de bien clôturer la saison avant d’enchainer sur l’été et les festivals. Pour être tout à fait honnête, on avait depuis longtemps abandonné l’idée d’y assister, jusqu’à midi, où l’accréditation nous est tombée sur le coin de la figure. C’est donc plein d’enthousiasme qu’on a passé l’après-midi à attendre le moment fatidique.

On le sait, les énormes concerts comme celui-ci sont bien différents de ceux auxquels on peut assister dans de petites salles, avec notamment des fans qui se massent devant les portes des heures avant l’ouverture. En arrivant pour le show de Landmvrks, on n’est donc pas surpris de constater qu’une majorité du public venu pour le concert est déjà présent et bien installé pour assister aux premières parties, lesquelles auraient des allures de têtes d’affiches pour des concerts de plus modeste facture.

Pour Landmvrks, il s’agit d’une date particulière. En effet, le groupe a été désigné au côté de Fever 333 il y a quelques semaines pour remplacer A Day To Remember, Poorstacy et Lorna Shore initialement prévus. Cela fait déjà quelque temps qu’ils font office de chefs de file de la scène metalcore française, leur réputation n’étant désormais plus à faire.  La prochaine étape est donc clairement de conquérir la scène internationale et ce concert tient lieu pour eux de véritable test, quelques jours seulement après leur passage au Hellfest. C’est dans ce contexte qu’ils se présentent devant un public totalement acquis à leur cause. Le groupe dispose donc d’une grosse demi-heure pour nous faire admirer son panel extraordinairement large, devant un V lumineux, allant de parties mélodiques saisissantes à des parties screamées en passant par des lignes mi-claires mi-hurlées qui rappellent Architects. On commence même le titre “Visage” par quelques lignes rappées en français, ce qui n’est pas si étonnant quand on sait que Florent Salfati, chanteur du groupe, a un projet solo de rap français, sobrement intitulé Flo. On était heureux de voir Landmvrks relever le défi et on espère de tout cœur que cette date aura l’effet d’un tremplin pour les propulser encore plus haut, même si on sait que cette étape se révèle ardue à franchir.

Après cela, l’obscurité se fait et une lumière rouge vient la percer. On a des flashs de lumière blanche qui apparaissent de plus en plus rapidement pour inviter le public à taper des mains. Soudain, les membres de Fever 333 font leur apparition sur scène, gesticulant en tous sens et montrent qu’ils ont la ferme intention de retourner la salle. Ils ne sont que trois, mais occupent l’espace comme s’ils étaient cinq ! Ce groupe a l’effet d’un bulldozer et est vraiment rafraîchissant, car il est unique en son genre actuellement. On a des rythmes très hip-hop qui vont nous rappeler le Cypress Hill de l’époque Skull & Bones, un rap screamé absolument ravageur, tandis que des morceaux plus mélodiques comme “Burn It” feraient davantage penser à un Linkin Park sous stéroïdes. Ils vont s’interrompre à quelques reprises pour laisser le chanteur Jason Aalon Butler tenir des discours engagés, notamment antiracistes ou sur la manière dont sont traitées les femmes, en invitant le public à prendre soin les uns des autres. Retenez que Fever 333 a tout retourné ce soir et si un jour vous avez l’occasion de les voir, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Après vingt bonnes minutes de changement de plateau et l’impatience du public grandissant, l’obscurité se fait à nouveau. Le public alors se déchaîne, en attendant de voir apparaître les membres du groupe de Sheffield. Ils vont débuter leur set par Can You Feel My Heart, pour que l’effervescence soit à son comble d’entrée de jeu. Durant une heure et demie, on va avoir droit à un Bring Me The Horizon des grands soirs, avec un Oli Sykes que l’on sent sincèrement heureux, épanoui dès lors qu’il adresse ses premiers mots au public. Cela se ressent dans sa voix, ses gestes, son attitude, ce qui n’a pas toujours été le cas ces dernières années et on est vraiment heureux de le voir comme ça.

Au cours de ce set, il y en aura pour tous les goûts, avec des morceaux tirés de tous les albums depuis Sempiternal. De quoi ravir les nouveaux fans, comme les plus anciens. On note également le travail colossal en termes de mise en scène et notamment de mapping vidéo, chaque morceau étant accompagné d’une véritable œuvre d’art en arrière-plan, ainsi que la présence sur scène de deux danseuses, grimées de différentes sortes en fonction du morceau.

Avant d’interpréter Shadow Moses, Oli Sykes va discourir sur le fait que nul ne détient la vérité universelle, le tout en enjoignant le public à fixer une illusion d’optique (qui se révèle en ce qui nous concerne assez peu concluante, mais l’intention y est).

Peu de temps avant la fin du set, on à droit à une interprétation acoustique de “Follow You”, guitare-chant, ou les demoiselles sont invitées à monter sur les épaules de solides gaillards, l’attraction se révélant divertissante et l’interprétation du morceau toujours aussi poignante. Après cela, le groupe interprète “Drown” avant de quitter la scène une première fois. Cela sera de courte durée, puisque quelques secondes plus tard, ils reviennent interpréter “Obey”, en featuring avec la piste vocale de Yungblud et interprétera même à notre grande surprise un morceau issu de Suicide Season, à savoir “Diamonds Aren’t Forever”, ce qui nous enchante particulièrement. Cela nous permet d’évoquer un point crucial : Après avoir connu de multiples déboires vocaux, Sykes semble enfin avoir retrouvé 100% de ses capacités. Il a remarquablement tenu la distance sur toute la durée du concert et le fait de pouvoir interpréter ce titre en toute fin de show prouve cela de belle manière. Le set sera enfin conclu par Throne devant un public comblé.

Aucune fausse note pour ce concert, avec trois groupes ayant chacun livré une performance remarquable. Ce show restera à coup sûr comme l’un des points forts de l’année !

La SAS concerts

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