Texte : Fabien Trève
Photos : Florian Baudouin

A l’occasion des concerts de Post.Lyon, événements post-rock lyonnais, nous avons pu rencontrer VAGUES, qui partageait ce soir-là la scène avec leurs confrères de Luje. Cet événement nous ayant servi de prétexte pour revenir ENFIN voir un concert après cette (trop) longue période, a pu faire office de release-party, certes tardive dû au Covid, pour leur dernier album en date, Aux Portes de la Nuit sorti l’année dernière. Mieux vaut tard que jamais n’est-ce pas ? 

Nous sommes ce soir à un concert de Post.Lyon, comment s’est passée votre collaboration, notamment au niveau de la prise de contact ?
Yann (Guitare/Chant) : Ca fait un petit bout de temps qu’on fait des concerts avec Post.Lyon. La première fois, c’était aux alentours de 2017, on était allés au Farmer, au Hard Rock Café, des petites salles comme ça où ils organisaient des plateaux avec des groupes de post-rock, souvent internationaux.

Ce soir, Luje partage la scène avec vous. Les connaissiez-vous déjà ?
Paolo (Guitare) : Oui, ils étaient avec nous à l’ENM (Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne). Et puis on n’a pas énormément de groupes qui collent avec nous au niveau esthétique, donc pour nous c’était évident de leur proposer. Ils devaient déjà venir sur notre release party qui devait avoir lieu le 16 avril 2020. Vous savez ce qui s’est passé entre-temps… Ce soir c’est un peu le reboot.

J’imagine que vous devez donc être heureux de remonter sur scène après le Covid, avez-vous déjà eu l’occasion de représenter le dernier album sur scène ?
Yann : Non, on n’a eu aucun concert depuis mars 2020.

Comment s’est passée cette période sans concert ?
Paolo: Mal ! C’était très démotivant. On a eu beaucoup de choses qui commençaient à se programmer et qui ne se sont pas faites, donc beaucoup de faux espoirs pour très peu de concrétisation.

Tanguy

Revenons sur votre dernier album. On a remarqué que la production était vraiment impressionnante. Comment se sont passées les sessions en studio ?
Tanguy (Batterie): On a tous taffé comme des porcs avant, puis on a enregistré en raw run piste par piste, instrument par instrument. Au niveau du mix, on a un petit peu mis notre nez dedans, mais avec la distance on travaillait surtout par échanges avec les gars du studio. Ils nous envoyaient des jets, on disait que ça ne nous allait pas pour X raison et ça pendant 36, 40 échanges et au bout d’un moment on est arrivé au moment où on s’est dit “bon la deadline c’est dans deux jours, on arrête de changer des trucs” et c’est parti au master.
Pablo(Basse) : Il faut savoir que dans les trois personnes qui ont bossé sur nos deux EP, il y a notre ingé son live, ici présent, Gabin.
Tanguy : Les deux autres sont un peu les ingés son “spare” si Gabin se montre indisponible, ce qui est quand même rare.
Yann : Donc les trois connaissent plutôt bien le projet. Le studio s’appelle “La Cafetière Studio”, à Viriat, juste à côté de Bourg-en-Bresse.

Dans votre son, on retrouve diverses influences, notamment shoegaze et post-rock. Quelles sont vos autres influences ?
Pablo (Basse) : Les influences sont surtout personnelles. Certains sont plus axés metal, post-rock et Yann et moi, on essaie d’aller voir ailleurs. Après, c’est un mélange de tout ça qui se fait en répèt, et on essaie que tout le monde soit satisfait de ce qu’on propose. C’est pas toujours facile, notamment de mélanger des trucs bien véner’ avec du chant, pour faire ressortir les voix avec les textes en français. Pour l’instant on n’y est pas trop mal arrivés.
Paolo: Notre gros point de départ, ça a quand même été Alcest.
Yann : Alcest, c’est vraiment un groupe qui nous réunit tous les quatre et sur lequel on est vraiment d’accord.
Paolo : Et puis maintenant ils sont connus, donc quand on dit leur nom, les gens savent de quoi on parle !
Yann : Pour la place de la voix, il y a aussi eu l’influence de Feu! Chatterton, qui a été un bon déclencheur sur là où on voulait aller en termes d’esthétique, même ça reste moins rock que nous.

Comment se passe l’écriture des morceaux en général ?
Tanguy: Collectivement, à quatre, en répèt. Ca part soit d’un embryon de quelqu’un qui ramène une idée quelconque ou alors d’un jam. Au niveau de l’écriture des textes par contre, c’est complètement personnel et c’est 100% Yann.
Yann : Après, je leur envoie mes textes au fur et à mesure pour qu’ils sachent ce que je raconte ! 

Ca vous est déjà arrivé d’écrire une musique après un texte ?
Paolo : Oui, des fois quand on jam une musique et qu’il y a déjà un texte en route…
Yann : J’ai un gros carnet avec plein de textes commencés, je vais piocher dedans et je me dis “tiens, ça, ça pourrait coller en termes d’ambiance et de ce que je voudrais raconter”.

Pablo

Quoi de prévu pour le futur du groupe ?
Paolo : Jouer. (rires) On aimerait bien faire un maximum de lives, mais vu la conjoncture actuelle…
Yann : Et continuer à écrire, ça a été un peu compliqué cette dernière année, de trouver où on voulait aller artistiquement. On a réussi à faire deux EP qui nous plaisent, mais qu’est-ce qui se passe après ? Il ne faut pas qu’il y ait trop de redites non plus.
Paolo : C’est un peu compliqué, parce que normalement quand tu sors un disque, tu le fais vivre un peu, tu fais des lives… Mais là comme on le disait, c’est le premier concert public où on joue notre deuxième EP qu’on a enregistré il y a deux ans.
Tanguy : Dans nos têtes on est déjà en train de passer à autre chose, alors que pour l’instant on n’a même pas fait vivre cet EP, donc il s’agirait déjà de s’occuper de ça. L’objectif c’est de tourner ! Comme c’était prévu initialement.

Pas de projets parallèles pour chacun de vous ?
Yann : Moi je me mets au synthé. J’ai acheté des synthés analogiques, il y en a un sur scène ce soir, d’ailleurs. Je me mets à écrire des chansons plutôt axées musique électronique, pour monter un autre projet, mais ce sera dans longtemps.

Le synthé, ça pourrait avoir sa place chez VAGUES ?
Tanguy : C’est déjà le cas ! Il n’est pas sur l’EP, mais ce soir, il y a des morceaux ou Pablo alterne basse et synthé ou joue intégralement du synthé.
Pablo : On ne veut pas aller dans une sphère électronique. C’est simplement pour donner d’autres couleurs de basse, ou ce genre de choses.
Yann : Ca ne change pas énormément dans le son, la basse va être un petit peu plus enveloppante. Tout le côté planant d’un morceau marche bien avec ça.

Quel impact a eu la ville de Lyon sur le projet ?
Tanguy : Déjà, les rencontres sur la scène, notamment avec Post.Lyon, jouer dans des salles comme le Farmer, le Hard Rock Café, ou ici au Sonic, pour la première fois et surtout les projets de copains qui sont au même stade que nous et qui sont très motivants. Je pense à KITCH, à Eisbear, toute une scène super émouvante parce que ce sont des gens qui rencontrent les mêmes écueils, les mêmes victoires… On se soutient mutuellement.

Quels sont vos coups de cœur du moment ?
Tanguy : Moi, cette année ça a été Movements, parce que c’est la plus belle chose. Le batteur c’est le mec qui écrit le mieux ! La partie batterie est une grosse masterclass.
Paolo : En ce moment je me découvre une passion pour Vildhjarta, même si ça n’a pas grand chose à voir avec la musique qu’on fait ! En même temps, il y a un grand fond ambiant.
Yann : Ma grosse claque de ces deux dernières années, ça a été Fontaines D.C., un groupe de post-punk irlandais qui défonce absolument tout.
Pablo : Moi rien à voir, c’est l’album “Lundi Méchant” de Gaël Faye que j’ai découvert pendant le confinement… c’est incroyable.

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