Texte : Florian Baudouin
Photos : Bente van der Zalm

C’est le début du mois d’octobre et de l’automne et avec cela, les conditions météorologiques qui en découlent. Il fait nuit tôt et ce soir, la pluie tombe à verse. Il faudra s’y habituer pour les prochains mois. Quoi de mieux pour contrer la morosité ambiante qu’un bon concert dans ce qui semble être notre salle fétiche ? On arrive sur la péniche trempés jusqu’aux os, et bien qu’on n’ait pas d’information sur le fait que le concert soit sold-out, la péniche, elle, est pleine.

C’est à Fontanarosa, auteur-compositeur-interprète, de lancer la soirée. On ne pouvait en réalité pas rêver mieux pour coller avec ce temps automnal. On a affaire à un simple guitare-voix dans un style folk acoustique automnal à la Syd Matters. L’ambiance est très décontractée, avec certaines personnes à l’avant du public assises, et l’artiste lui-même assis, s’adressant au public à voix basse comme on parlerait au coin du feu. La plupart des titres sont pleins d’une mélancolie réconfortante, parfois calmes et parfois se rapprochant du rock acoustique. On note de géniales harmonies entre graves et aiguës, si bien qu’on aurait l’impression d’entendre deux guitares qui se superposent. Après un premier EP éponyme sorti en 2020, on suivra l’évolution de cet artiste du cru.

Ainsi, Tiña s’approche de la scène, se frayant un chemin à travers le public, et éveille notre curiosité immédiatement de par leur accoutrement. Aimant bien découvrir les groupes que l’on voit sur scène, on n’a absolument rien écouté préalablement. Pour être tout à fait honnêtes, on aurait peut-être dû, pour éviter une véritable hydrocution visuelle et auditive. Le groupe londonien commence à jouer, et on est téléporté dans un monde absolument inqualifiable, mêlant dessin animé sous acides et indie rock psychédélique.
Ils jouent beaucoup sur le contraste : On trouve des paroles angoissées sur l’amour ou la mort, avec parfois une attitude stoïque, mais un accoutrement pour le moins improbable, à l’image du frontman grimé en cowboy rose au chapeau lumineux. On a également parfois un contraste entre les membres du groupe lorsque les musiciens côté jardin deviennent absolument incontrôlables, tandis que côté cour, on garde une attitude absolument stoïque.
On est immédiatement frappés par la voix de tête suraiguë du chanteur, qu’il fait varier avec un chant bien plus grave avec une facilité déconcertante. On est sur un indie rock efficace, sur lequel on greffe des éléments psychédéliques, notamment avec ce synthé qui joue souvent avec un octaver, ou encore ces cassures rythmiques  (on note après-coup que cet aspect semble beaucoup moins présent en studio). Lorsque le chanteur-guitariste va casser sa corde à deux reprises, les autres membres du groupe se livrent à ce que l’on croit être une improvisation pour le moins expérimentale, mais on s’apercevra qu’il s’agit en fait de l’intro du morceau suivant.
Le groupe nous fait savoir lors d’un court moment de pause que ce n’est que leur deuxième fois en France. Après avoir joué sur un bateau à Sète, les voilà sur un bateau à Lyon !
Le dernier morceau est adressé “aux gens”, le groupe interprète alors son morceau “People”, rebaptisé pour l’occasion “Les Gens”. Dans une dernière facétie, on croit d’abord que le morceau va se finir de façon calme et décontractée, avant de se conclure dans un chaos total, à l’image du groupe en somme.

Après un premier album “Positive Mental Health Music” produit par Dan Carey (Fontaines D.C., Franz Ferdinand), voilà que Tiña sillonne l’Europe. Pour être honnête, on ne sait pas si cette musique est bonne pour la santé mentale et on a eu un peu de mal à tenir la cadence pendant une heure, mais ce qui est sûr c’est qu’elle a su tenir le public en transe. 

Marché Gare

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