Texte : Florian Baudouin
Photos : Bente van der Zalm

Et oui on vous avait prévenus, on démarre la saison sur les chapeaux de roues avec un troisième concert en une semaine et bien que le rythme soit soutenu, on n’a pas vraiment l’intention de lever le pied ! Ce soir, c’est au Transbordeur qu’on retourne pour le concert des écossais de Biffy Clyro, accompagnés de nuls autres que le groupe néerlandais De Staat dont on vous avait déjà parlé il y a quelques semaines, puisqu’on avait eu l’occasion de les voir en Belgique, au festival Pukkelpop. Le Transbordeur n’a pas vraiment l’air d’avoir fait le plein ce soir, mais qu’à cela ne tienne, on a hâte de voir ce que tout cela va donner.

On arrive à 20h, juste à temps pour le début du show de De Staat. Ca nous fait bien plaisir de les retrouver deux semaines seulement après les avoir vus sur la mainstage de Pukkelpop et on va donc scruter leur performance avec intérêt. Il est intéressant de les voir évoluer dans un contexte moins favorable, puisqu’ils passent de superstars locales sur la mainstage de l’un des plus grands festivals de Belgique à un statut de première partie relativement inconnue. On va donc prêter une attention particulière à la façon dont ils vont tenter de s’acquérir le public. Tout d’abord, les riffs dansants et entêtants qui font leur charme aident bien évidemment le public à se laisser happer. Cependant, on remarque que le frontman Torre Florim va davantage tenter de s’adresser au public, d’abord dans un français très correct, puis en anglais. Une autre chose que l’on remarque à mesure que les morceaux s’enchaînent et que Florim nous régale de ses gestes, mimiques et autres pas de danses, c’est que ce dernier est tellement charismatique que le public est charmé naturellement. Avec “Who’s Gonna be the GOAT ?”, le public va se mettre à danser comme s’il connaissait ce morceau depuis toujours. Vers la fin du morceau, un blackout s’opère alors que les musiciens s’arrêtent, puis la lumière revient brutalement lorsqu’ils jouent le refrain une dernière fois. Cette opération a lieu sur plusieurs autres morceaux et permet de maintenir une tension intéressante. Ils interprètent leur plus grand succès “Witch Doctor” en guise de morceau final en tentant de le mettre en scène à la manière du clip, mais le public n’en étant pas familier, ça tombe un peu à l’eau. Ce n’est cela dit pas bien grave, puisque si on ne le sait pas, on ne s’en rend pas compte et de ce fait, le public n’est pas laissé en dehors. En tout cas, il est rare de voir un public aussi enthousiaste pour une première partie et cela nous réjouit puisqu’on aimerait vraiment voir De Staat avoir une grande carrière internationale. Par ailleurs ils se montrent très accessibles puisqu’après le concert, Torre Florim et Rocco Hueting, le guitariste rythmique, sont disponibles à leur stand de merch, ce qui fût pour nous l’occasion d’échanger quelques mots avec eux.

Après quelques minutes d’attente, l’obscurité se fait et on entend un sample de “Ainsi parlait Zarathoustra”, mais à mesure que le morceau se déroule, on se rend compte que les différents instruments jouent faux, ce qui donne une ambiance un peu dérangeante. Biffy Clyro arrive sous une lumière rouge pour le premier morceau “DumDum”, alors que le chanteur et guitariste Simon Neil est toujours caché. Ce premier titre est doux et planant, mais d’un coup la saturation arrive, en même temps que Neil qui fait son apparition sous les acclamations du public en jouant le riff du second morceau, “A Hunger in Your Haunt”. En ce début de set, les lumières sont à dominance froide, entrecoupées de flash rouges. De la manière dont elles sont disposées, des rangées rectilignes de spots et de néons, utilisées de manière stroboscopique comme rythmique, on se croirait parfois dans un dancehall futuriste. Eux-non plus, n’hésitent pas à s’adresser au public en français, signifiant au public lyonnais “tu nous a manqué !”. Même s’il n’y a pas de quoi remplir tout le Transbordeur, on remarque que Biffy Clyro a su se construire une fanbase très investie : le public n’hésite pas à chanter, lever les mains, qu’il s’agisse des premiers rangs ou du haut des gradins. Leur univers sonore est très varié : on va de morceaux mélodiques en ballades acoustiques au chant doux, en passant par des morceaux nettement plus heavy avec de lourds riffs graves au chant saturé. Il semblerait que même après neuf albums, Biffy Clyro n’éprouve aucun mal à se renouveler et ce sans quitter son univers rock. Le titre “Instant History” est joué sous des néons roses et nous évoque un tube des années 80 avec son rythme dance et ses sons de synthés et même s’il se montre plus heavy dans le refrain, il garde cette touche rétro. Puisqu’on parlait de ballades, en voilà un parfait exemple avec “Machines”, qui est un titre entièrement joué par Simon Neil à la guitare acoustique, seulement accompagné de deux violonistes. Il va même se décaler sur le côté de la scène afin que l’attention soit portée sur elles. Après cela, on enchaîne avec le morceau “Wolves of Winter” qui provoque un véritable émulation au milieu de la foule et tout le monde chante en choeur. Ils vont conclure leur set une première fois avec le titre “The Captain”, mais vont bien vite réapparaître sous un son d’orgue pour interpréter “Different People”, avec l’une des violonistes que l’on a pu voir plus tôt, qui accompagnera le groupe sur les trois titres du rappel. Le concert se finit tout en douceur avec la power ballad “Many of Horror”, devant des fans charmés.

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