Texte : Florian Baudouin
Photos : Bente van der Zalm

On avait hâte que les affaires reprennent ! Pour ce premier concert de la saison, c’est dans la petite salle underground (littéralement) du Rock n’Eat que l’on se retrouve pour une soirée placée sous le signe du punk au sens large. Cela faisait presque un an que l’on n’y était plus revenu et c’est à chaque fois un plaisir : c’est toujours l’occasion de revoir des visages familiers autour d’une bière et la plupart du temps, de musique de qualité. Ce soir, on ne déroge pas à la règle : la convivialité est palpable dès les portes franchies et les escaliers descendus. Il faut dire que la scène punk-rock à Lyon est particulièrement soudée et comme dans un petit village, tout le monde s’y connaît. C’est donc sans grande surprise, que bien du monde s’est rendu au Rock n’Eat, même un jeudi soir, pour encourager Lifeboats, groupe de punk harcore issu du crû local ayant fait un démarrage fracassant il y a de cela une petite année et Bornside, groupe de pop-punk, newcomers prometteurs de la scène locale. Ils seront accompagnés de Catch My Story, groupe de metalcore venu de Suisse.

C’est aux alentours de 20h30, alors qu’une bonne partie du public a déjà eu le temps d’engloutir une bière, que les lumières s’éteignent pour laisser Bornside s’emparer de la scène pour son premier concert. Un sample retentit, avec notamment “99 Luftballons”, pour accompagner les membres du groupe qui montent sur scène sous les encouragements du public. Ils vont très rapidement nous plonger dans l’univers pop-punk qu’ils sont venus nous faire découvrir, avec des guitares rythmiques lourdes accompagnant des mélodies entraînantes et parfois un chant plus agressif, à la limite du scream. Ces jeunes hommes se montrent à l’aise sur scène et apprendront à mesure que les concerts s’enchaînent, à occuper l’espace de manière optimale. En tout cas, ils n’hésitent pas à interagir avec le public. Celui-ci est semble-t-il déjà familier de quelques titres du groupe puisqu’il se montre très réceptif au morceau “Taking the Hood”, leur premier single. Après notamment une reprise de “All the Small Things” de Blink-182, le groupe va interpréter “When You Lie”, qui va débuter par une intro intéressante avec des samples de synthé, qui va apporter un peu de renouveau par rapport à ce que l’on entendait jusque-là. On se fait la réflexion que globalement, leur son manque un peu de guitare mélodique, ce qui pourrait apporter davantage de personnalité à l’ensemble. A la fin du dernier morceau deux individus vont s’inviter sur scène et nous faire part de quelques pas de danse, mais tout se fait dans une ambiance bon enfant. Le public est visiblement conquis et le fait savoir. Difficile donc, de rêver mieux comme première pour le groupe ! Ils auront bien le temps de peaufiner quelques détails. Bornside sortira son premier EP “Light Rain and Dick Moves” le 16 septembre.

C’est maintenant les suisses de Catch My Story qui font leur apparition. Ce groupe fait un peu figure d’OVNI au cœur de ce plateau punk, puisque c’est un univers metalcore qu’ils sont venus nous proposer. En effet, les riffs et breakdowns heavy que l’on entend tout de suite les placent immédiatement dans ce registre. Cet aspect est soutenu par le scream et le growl du chanteur principal. Cependant, les mélodies et le timbre de voix du chanteur clair nous ramènent par moments vers le style punk-rock des autres groupes de la soirée. C’est aspect semble néanmoins absent des enregistrements studio du groupe, peut-être que cela vient de l’absence de reverb sur la voix. Les membres du groupe sont sympathiques, jovials et ne manquent jamais de s’adresser au public. A mi-parcours, le groupe va interpréter “Into the Sun”, le morceau phare de son premier album sorti l’année dernière. Ce titre va débuter par une intro claire, atmosphérique et mélancolique avant d’enchaîner sur un son bien plus heavy avec notamment une grosse présence rythmique, renforcée par l’usage omniprésent de la double pédale. Le chanteur va réclamer un circle pit, mais le public ne semble pas de cet avis. Le style de ce groupe est-il trop différent de ce à quoi il s’attendait ? Quoi qu’il en soit, le groupe ne va pas se laisser abattre et va même complimenter le public en soulignant qu’ils ne s’attendaient pas à voir autant de monde un jeudi soir. Ils vont enchaîner avec “Nothing Lasts Forever”, sur lequel apparaît une piste audio de Florent Salfati de Landmvrks. Ils vont finir avec “Nothingness”, titre enregistré en featuring avec Novelists. Le morceau démarre sur une intro claire, avec des accords plaqués par la guitare rythmique sur laquelle on a mis du chorus, ce qui donne un aspect très atmosphérique. Sur la guitare mélodique, on a mis de la reverb ainsi qu’un delay très rapide qui imite le son produit par un ebow. Après cela, le morceau enchaîne de manière plutôt classique alternant entre scream et chant clair. Catch My Story nous apprend qu’ils partiront pour quelques dates en Suisse aux côtés de Lifeboats.

C’est désormais au tour de Lifeboats d’investir la scène au son d’un sample, tous de chemises à fleurs vêtus. Auteurs, de quelques singles bien remarqués, et composés de membres bien connus de la scène locale (ex-Mate’s Fate, Lodz, Buddies Say : Ho, Eisbear…), ils sont attendus de pied ferme par le public. Lifeboats débute son set par “Onward”, morceau à la mélodie hymnique et terriblement entêtante. On est repassé du côté punk, mais cette fois-ci un punk beaucoup plus hardcore puisque le chant est en majorité screamé. L’équilibre est toutefois parfaitement respecté entre le scream qui apporte ce qu’il faut de rage et un chant clair entraînant, principalement sur les refrains. Le groupe fait appel à deux chanteurs, mais on n’est pas dans une binarité chant clair / scream ce qui leur permet de faire des harmonies vocales et autres chœurs nettement plus variés. Le groupe va à son tour demander au public un circle pit, qui cette fois ne se fera pas prier. Ils vont également y aller de leur reprise, en interprétant “Misery Business” de Paramore et on le sait, il ne faut pas plus qu’un classique savamment interprété pour plonger un public dans la folie ! Le chanteur principal va d’ailleurs en profiter pour slammer sur la foule. Après cela, ils vont proposer un petit jeu au public : celui de boire une petite gorgée de leur bière chaque fois qu’une certaine phrase sera hurlée (on n’a malheureusement pas bien pu saisir de laquelle il s’agissait). Tout le monde va bien entendu se prêter au jeu, mais pas de quoi s’enivrer tout de suite, car cette phrase ne semble pas apparaître tant que ça, au final. Lifeboats va conclure sur des breakdowns lents très hardcore, et va même provoquer un wall of death dans le public. On ne sait pas quand sortira leur premier album, mais on attend ça avec impatience !

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