Texte : Florian Baudouin
Photos : Bente van der Zalm

La reprise des concerts debout est marquée par le concert le plus attendu depuis longtemps en région lyonnaise : la venue d’IDLES au transbordeur, pour un concert sold-out. Après avoir lancé leur tournée européenne par deux dates à Paris, les voilà qui débarquent à Lyon ! Ainsi, le quintet britannique vient défendre son dernier opus “Crawler” sorti l’année dernière.

A 19h40, les hostilités sont lancées par Witch Fever, groupe de punk grunge à majorité féminine originaire de Manchester. On démarre sur les chapeaux de roues avec les riffs agressifs d’une guitare dont on a coupé toutes les fréquences hautes pendant que le batteur massacre ses fûts et que la chanteuse beugle et bave du sang. Le troisième titre est plus calme, plus mélodique, plus groovy. On a droit à un bridge a capella qui évoque une comptine maléfique, rejointe par un riff bien stoner qui va petit à petit s’accélérer pour finir dans une magnifique cacophonie. Par moments, on se rapproche plus du stoner metal que du punk ! Et pour cause, sur son profil instagram, le groupe se définit comme “doom punk”. Le groupe prend du plaisir et ça se voit. On a une belle interaction avec le public, la chanteuse va même finir son set en descendant chanter au beau milieu de la fosse, qui est déjà bien remplie.

C’est au tour de Bambara de débarquer sur les planches du Transbo. On plonge dans l’ambiance post punk sous le signe duquel est placé ce concert. Avec eux, on va donc être bien moins violent qu’avec le précédent acte, mais pas moins énergique pour autant ! On commence avec une nappe de synthé sur laquelle va s’ajouter les mélodies d’une guitare légèrement distordue avec un rapide delay, puis les lignes vocales graves et presque dédaigneuses du chanteur. Ces mélodies de guitare vont nous évoquer régulièrement l’ouest américain, on imagine facilement chevaucher un équidé dans les plaines du Nevada. On notera le moment où le guitariste va frotter ses cordes avec une baguette de batterie (pour les habitués de CHAOS, ce n’est pas sans nous rappeler la fois où le guitariste de Alex Henry Foster frottait ses cordes avec un archet !). Il s’agit là d’une belle découverte post punk et d’une bonne mise en bouche pour la suite.

Vers 21h30, IDLES arrive enfin, sous les acclamations du public. La salle est maintenant bien évidemment comble. On commence calmement avec Colossus, morceau construit sur la base d’une seule note autour de laquelle on va ajouter progressivement diverses couches. Très vite, le public est déjà en délire et le fait de se prendre une jambe dans la tête de la part d’un slameur vagabond devient coutumier ! Le guitariste rythmique lui aussi va slamer assez tôt dans la soirée. Au bout du troisième morceau, un wall of death va tout de suite faire exploser un public déjà bien chaud. Après ces premiers morceaux, le chanteur Joe Talbot va prendre le temps de remercier le public pour les avoir attendus et portés pendant ces deux ans de pandémie et affirment être conscients de la chance qu’ils ont de ne pas s’inquiéter de la sécurité de leurs revenus au cours de la pandémie.

On enchaine et n’étant pas particulièrement familiers avec IDLES, on est assez surpris du côté hip hop de certains morceaux, en particulier “Car Crash” sur lequel on se balance comme on le ferait devant Cypress Hill. Plus les morceaux s’enchaînent et plus le public est en fusion. Visiblement, le groupe comme le public prend un plaisir incroyable ce soir. Une boule à facettes est allumée au cours de The Beachland Ballroom, aux airs de valse, ce qui ne fait que renforcer le côté dansant du morceau. Comment ne pas évoquer le jeu très théâtral et comique de tous les protagonistes ? A commencer par Mark Bowen, le guitariste lead, vêtu d’une robe et qui fait des mouvements de ballet, mais également Talbot et ses mouvements chaloupés, qui à plusieurs reprises entre les morceaux va lancer des “Câlin ! Coucou ! Bisous !” au public.

Avec ce concert d’IDLES, c’est pour beaucoup d’entre nous la première fois depuis des mois que l’on peut se réunir devant un groupe de renommée internationale et s’entasser les uns sur les autres dans une salle pleine à craquer. Et Dieu que ça fait du bien !

Cold Fame

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