Texte : Susanne van Hooft
Traduction : Florian Baudouin

Il y a quelques groupes qui ont une place particulière dans le cœur de CHAOS et shame en fait partie. Nous attendions avec impatience la sortie du nouvel album Drunk Tank Pink, mais aussi avec un peu d’appréhension. Et s’il ne répondait pas à nos attentes ? Nous en parlerions bien sûr honnêtement. Nous avions déjà entendu quelques chansons en live et ça avait l’air de quelque chose à laquelle il fallait s’habituer. La question est donc : voulez-vous plus de ce que vous savez que vous aimez, ou cela peut-il aussi être différent ? Eh bien de préférence un peu des deux ; plus de shame, mais nous serions déçus si cela s’avérait être un Songs of Praise 2.0. Shame a sorti un gros morceau. On peut toujours reconnaître shame, mais wow : ils ont grandi. Le fait que cet album sonne beaucoup plus adulte a probablement un rapport avec le fait qu’il soit produit par James Ford.

Shame va droit au but avec “alphabet”. Ici, shame ressemble encore à ce qu’on en connaissait par leur premier album Songs of Praise, qui vient de fêter son troisième anniversaire la semaine dernière. Des guitares agressives et grinçantes qui dansent de manière frivole les unes autour des autres comme si le groupe se lâchait totalement. Il suffit de fermer les yeux pour voir le groupe jouer la chanson dans une salle bondée. Steen chante “What you see is what you get”. Oui, c’est comme ça qu’on les connaît. Puis, comme si on tombait du lit, la chanson s’effondre comme un château de cartes. Hop, on entend une chanson complètement différente et le nouveau shame se réveille doucement. En effet, il est clair que le groupe s’est métamorphosé, ou a grandi. Il sonne frais, carré mais en même temps plus joueur, grâce aux couches sonores et une plus grande variété d’instruments utilisés ; le piano et les percussions sont souvent de la partie. A côté de ça, le groupe semble se laisser aller davantage et il ne semble pas gêné de se jeter à l’eau.

Là où “Nigel Hitter” sonne un peu plus léger (il rappelle Life avec le “It just goes on, It just goes, Pop pop pop”) shame se fait bien plus menaçant sur “Born in Luton” et “Water in the Welle. Ce dernier est un single bien choisi. Il démarre calmement, mais se poursuit dans une frénésie sonore assez folle et chaotique, complétée par des chœurs passionnés en arrière-plan. Mais il ne déraille jamais vraiment. Le groupe sait se retenir quand il faut. “Snowday” sonne à nouveau plus familier, un peu comme “The Lick” issu du précédent album, mais en même temps sinistre avec beaucoup de soin pour les parties musicales.

Ainsi, même si shame a clairement évolué et grandi, on peut toujours entendre les vilains enfants blagueurs dans les chansons. On vient de se décider quant aux meilleurs albums de 2020, mais on veut déjà vous dire de garder Drunk Tank Pink en tête au moment de faire les comptes à la fin de l’année.

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Photo : Bente van der Zalm