Texte : Laura Rosierse

Le groupe de pop alternative néerlandais EUT est de retour avec la sortie de son deuxième album, “Party Time”, une collection de paysages sonores alternatifs accrocheurs qui représentent un moment de plaisir ! EUT crée des morceaux qui s’imposent à vous, un son raffiné et surtout excentrique et de quoi s’évader de la vie quotidienne. Leur démarche donne de la couleur à leur musique et pimente leurs paysages sonores insolites. EUT n’a rien de normal, mais ce qu’ils font n’est pas non plus révolutionnaire. Parfois, ce dont on a besoin, c’est d’un groupe qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, et c’est exactement ce que fait EUT depuis sa première sortie en 2017. Un groupe qui a fait tourner toutes les têtes de l’industrie vers lui, qui est devenu le groupe le plus demandé du festival itinérant néerlandais Popronde et qui a partagé une scène avec Beck. Toutes leurs sorties passées les ont préparés à la sortie de leur deuxième album, “Party Time”. 

L’album démarre avec le single agréablement relaxant “What Gives You The Kicks”. L’ouverture de l’album montre un son qui est légèrement moins rapide que ce que nous avons entendu précédemment de EUT, et leur deuxième album est le moment et l’endroit parfait pour présenter un tel son. Le mix de “What Gives You The Kicks” est rempli d’effets chauds et funky et fait briller la voix de la chanteuse Megan comme un diamant brut. On continue avec “Had Too Much”, moitié parlé, moitié chanté comme une ivrogne, avec un paysage sonore simple et accrocheur. Sur le plan des paroles, ce single raconte une histoire qu’on a sans doute tous vécue : “I don’t think we can be friends, I’ve had too much, I’m drinking again…”. C’est ce petit interlude simple et répétitif qui fonctionne comme un mantra et qui, espérons-le, nous aide à nous rappeler tous les bons… Sans doute les bons moments que nous avons passés en sortant boire des coups. 

Cette lente accalmie est suivie par le titre “Party Time”, un morceau dynamique et édifiant, précédemment sorti en single et qui est manifestement un délicieux morceau d’art rock aéré avec une touche de pop toute simple. “Party Time” est la chanson titre de l’album pour une raison bien précise : l’album et le single parlent de désir, de sexe et de solitude d’une manière rafraîchissante et sincère. Mon nouveau tube préféré est suivi par le très sensuel “Stuck”, “teach me how to fuck, fuck up my mind…”. C’est le son le plus expérimental de l’album et il fait écho à un son art-rock à la St Vincent, basé sur le synthétiseur. “Stuck” est suivi d’un “Interlude”, un morceau dont on cherche toujours le sens. À mon humble avis, l’ “Interlude” aurait pu être raccourci d’au moins trois minutes, mais là encore… Qui suis-je pour parler ?! 

Le single “The Buggs (Part II)”, qui ressemble à une berceuse, est l’un de ces sons insolites qu’EUT produit de temps en temps. Même si son style n’est pas aussi enthousiasmant que pour les autres chansons de l’album, la voix perçante de Megan en fait l’un de ces singles qui nous font nous demander ce qui va suivre. On continue sur un autre titre inspiré par les insectes avec “Killer Bee”, un morceau alternatif à base de sons électro et de synthétiseur avec des harmonies nébuleuses qui parle de succès et d’essayer de le concrétiser. “When I Dive” continue sur le thème de la lutte contre les questions sans réponse et de la prétention d’être quelqu’un que l’on n’est pas. C’est l’une des chansons les plus planantes, presque angoissantes de l’album, la chanson exprime le sentiment de perplexité et le fait avec des effets répétitifs et intrigants qui remplissent ce paysage sonore fragile. 

Nous sommes enfin arrivés à la partie de l’album où le single “It’s Love (But It’s Not Mine)”, déjà sorti, valse et nous emmène tous dans une aventure passionnante et incroyablement communicative dont nous ne voulons jamais revenir. C’est une tranche reconnaissable de pop rock alternatif énergique et éloquent qui vous restera en tête pendant des jours, non… des semaines ! Nous terminons l’album sur une note plus lente mais néanmoins puissante avec “Bubble Baby”, qui pourrait être interprétée comme une ode à l’album entier sous forme de ballade. C’est la façon pour EUT d’apporter une chanson produite de manière impeccable, remplie de douleur et de paroles qui viennent du cœur. 

“Party Time” est une histoire à cœur ouvert, déclinée en un album qui va à contre-courant et ne se soucie pas des opinions populaires, “Party Time” a été réalisé parce qu’il fallait le faire. Leur son dynamique et le timbre de leur voix sont peut-être en perpétuelle évolution, mais EUT sera, sans conteste, toujours EUT.

V2 Records

Photo : Sanja Marusic