On continue notre retour hebdomadaire sur les principales interviews données par CHAOS Nederland. Cette semaine, nous vous proposons une interview du jeune groupe The Murder Capital.

Texte : Susanne van Hooft
Photos : Bente van der Zalm
Traduction : Florian Baudouin

La carrière de The Murder Capital est en plein essor. Le groupe a impressionné à Eurosonic plus tôt cette année. Un fait notable est que la notoriété du groupe est surtout due à leurs impressionnants concerts. The Murder Capital n’a sorti que quelques chansons (‘Feeling Fades’ et ‘Green & Blue’). Au mois d’août prochain, sortira leur premier album, ‘When I Have Fears’. CHAOS Music Magazine s’est entretenu avec le chanteur James McGovern et le guitarist Damien Tuit. Bien sûr, nous voulions tout savoir de l’album à venir, mais nous voulions aussi parler de l’impressionnante performance lors du Metropolis Festival à Rotterdam.

James McGovern

Vous avez joué au Metropolis Festival à Rotterdam la semaine dernière. Ce qui m’a le plus frappé a été la perfomance sur ‘On Twisted Ground’. Cette chanson est plutôt intense. Tu avais aussi l’air assez ému à la fin de la chanson.

James : Oui, c’est une chanson assez personnelle. Mon meilleur ami s’est ôté la vie l’année passée. C’était en plein milieu de la période où le groupe se formait. On essaie encore en quelque sorte de comprendre cette situation et de grandir avec ce genre de choses. Ce qui s’est passé est devenu une veine vitale dans notre travail. Cette chanson était la première fois que j’essayais d’écrire directement à propos de cette situation. Je pense qu’elle peut s’appliquer à n’importe quelle sorte de perte. Les gens peuvent y appliquer les choses de leur propre vie. Quand on est allés enregistrer cette chanson, elle a pris une forme différente. Elle a beaucoup changé par rapport à ce qu’elle a été auparavant. A chaque fois qu’on la joue, on improvise pour qu’elle soit différente à chaque fois. C’est excitant pour nous. Mais ouais, ça peut être une chanson difficile à chanter. Pourtant elle est aussi cathartique.

Damian : Maintenant qu’on fait plus de concerts, c’est de plus en plus naturel. On peut jouer nos morceaux un peu plus différemment à chaque fois, ce qui rend le concert plus agréable pour tout le monde, pour nous et pour l’auditoire. Je pense que c’est simplement ce qui s’est passé à ce moment comme tu l’as dit, quand il l’a jouée ce jour-là, c’était différent de la fois précédente.

J : Toutes ces chansons, c’est comme de la musique classique ; on lit des notes, mais on peut toujours improviser par la manière dont on joue : La dynamique et le tempo.

Vous n’avez commencé qu’il y a un an et vous avez déjà accompli tellement en aussi peu de temps.

J : Le line-up actuel va bientôt fêter son premier anniversaire. Mais ça a vraiment été très court.

D : On est ensemble depuis un an et demi, mais vraiment tous ensemble depuis un an. C’est un peu fou à quel point on se ressemble, à quel point on a réussi à se trouver les uns les autres.

Le 16 août, votre premier album sortira. Qu’est-ce que vous pouvez me dire à propos du processus d’enregistrement ?

D : Puisque nos concerts font partie intégrante de ce qu’on fait, on a vraiment gardé ça en tête, dans notre processus d’enregistrement. Tout a été enregistré dans les conditions du direct. En enregistrant dans les conditions du direct, on y a donné un côté live et ça a clairement permis à l’album de respirer. L’enregistrer de manière analogique le rend un peu plus humain et imparfait. Quand on le joue en live, il y a toujours un moment où tu as l’impression que tout va s’effondrer, c’est ça qui est marrant.

Damian Tuit

Comment c’était de travailler avec Flood, qui avait déjà produit des albums de Nick Cave and the Bad Seeds, Smashing Pumpkins et New Order ?

D : Il a fait certains de mes albums préférés. Chaque fois de ma vie où j’ai eu l’idée de faire un album, je voulais travailler avec un artiste à part entière. Et c’est exactement ce qu’il était. Quand on l’a rencontré, il était le mec le plus terre à terre, humble et intelligent qui soit. Ça a été un plaisir de travailler avec lui.

J : Totalement. Il comprend vraiment les besoins des gens, ce qui rend la réalisation d’un tel projet beaucoup plus facile. C’est un merveilleux initiateur de ta propre découverte de toi-même ainsi que de ta propre musique et de ta personnalité.

Comment peut-on se rendre compte de son influence sur votre musique, à part le fait que vous restez des amis ?

J : Dans l’enregistrement. C’est partout. On a fait un pacte de sang. On a tous partagé le moindre putain de détail.

Quand les médias écrivent à propos de The Murder Capital, vous êtes souvent comparés à Shame, Idles, ou Fontaines D.C. Pourtant, en écoutant l’album, on a l’impression que vous avez déjà développé votre propre son.

D : Ça l’est. Avoir notre propre son a toujours été extrêmement important pour nous. C’est évident, mais il y a tellement de groupes, écoutez par vous-mêmes.

Vous êtes basés à Dublin, comment est-ce que ça influence votre musique ?

J : Vivre ici, c’est sûr. Si on vivait à Amsterdam, notre album aurait sonné différemment. Les villes ont des ambiances différentes. Par ce qui t’entoure, le temps irlandais, ou l’architecture. Dublin peut être plutôt gris.

D : Comme traverser une zone industrielle. C’est le genre de bâtiments où il y a des travaux, des grues à perte de vue. Je pense que quand c’est la dernière chose que tu vois avant de rentrer dans une pièce, ça affectera toujours ce que tu t’apprêtes à faire à ce moment-là. Il y a plein d’avenues différentes où tu peux aller dans un état d’esprit créatif pour exprimer ce que tu as besoin d’exprimer. Je pense que ça a un probablement un effet encore plus important, parce qu’on est tous des hommes à Dublin et on vit tous dans cette ville.

Puisque vos chansons traitent de thèmes importants, les paroles sont plutôt importantes. Qu’est-ce qui est le plus important entre les paroles et la musique ?

J : C’est vraiment les deux. Quand je me rappelle de la majorité des chansons, les mots étaient là avant que la musique ne soit composée, ou bien ils étaient écrits complètement séparément. Mais il y a des tas de circonstances dans lesquels on improvise dans la salle de répétition.

Est-ce que faire de la musique vous aide à surmonter les moments difficiles de la vie ?

J : Je pense que c’est pourquoi on fait tout ça. Ça nous pousse à faire de la musique. C’est un vrai processus guérissant.

D : Et puis tourner, c’est intéressant en soi. À cause de la répétition qui a également sa propre beauté.

J : Si tu es en tournée, c’est intéressant comment la journée peut être terne et monotone, avec juste un trajet en bus et tu es arrivé. Et soudain, tu es à nouveau dans cette heure, ou ces 45 minutes juste toi et les cinq mêmes personnes.

D : C’est si magnifique, et gratifiant ; on vit la chose telle quelle ; parfois on n’a même pas besoin de la validation du public pour éprouver cette joie

J : Je suis presque spirituel quand il s’agit de faire un concert. Je veux dire, la même chanson que tu as construite avec tes cinq meilleurs potes, et puis un rassemblement de personnes vient et l’apprécie.

D : C’est comme aller à n’importe quel concert. J’adore ce sentiment de communauté quand tu vois quelqu’un jouer. C’est tellement cool de pouvoir avoir cette super expérience.

J : Comme on est chanceux !

Interview donnée en juillet 2019 par Susanne van Hooft

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