Texte : Susanne van Hooft
Traduction : Florian Baudouin
Photos : Glass Caves

Le meilleur festival de cette année fut probablement celui pour lequel Glass Caves était tête d’affiche après que les Strokes et Elton John ont joué plus tôt ce jour-là. Lors du set de Glass Caves on pouvait voir des girafes gonflables dans les airs et on avait des chances de voir Matt, le chanteur, glisser sur les planches en chantant. Vous avez loupé ce concert légendaire ? Malheureusement nous aussi, ainsi que Glass Caves. Mais il s’est tout de même produit dans notre imagination au cours de l’interview que CHAOS a pu avoir avec les membres de Glass Caves, Matt Hallas et Elliot Fletcher. Il y a seulement quelques semaines, Glass Caves a sorti son EP A Spin Around The Sun, comprenant cinq chansons catchy dans un style indie rock. CHAOS a eu une bonne discussion avec eux par Zoom.

C’était comment de sortir A Spin Around The Sun au cours de cette période de Covid ?
Matt : Bien sûr, c’était forcément différent au vu des circonstances. D’habitude quand on sort de la nouvelle musique, on fait plein de concerts et on joue les chansons en live. Mais en tant qu’œuvre d’art, j’en suis vraiment fier.
Elliot : Je suis d’accord. Bien que le meilleur moyen d’avoir des retours c’est de jouer les chansons en live parce que tu vois la réaction des gens et évidemment, on n’a pas pu le faire cette fois-ci. Mais en ligne ça a été fantastique, le streaming a beaucoup mieux marché qu’en temps normal. On a déjà fait quelques live streams et c’est toujours un peu gênant parce que tu peux pas savoir ce que tout le monde est en train de se dire. Tu vois des trucs apparaître sur le côté de l’écran et tu te dis que ça doit aller. Je suis plus stressé par ça que par jouer devant mille personnes parce que c’est bizarre sur internet.
Matt : Je pense que c’est aussi difficile parce que t’es pas dans l’ambiance de la salle. Les gens sont pas là en train de crier. Il n’y a pas d’énergie, c’est juste du son. Les performances live peuvent être atroces si elles ne sont pas bien mixées. Alors c’est cette inquiétude je pense, ton son peut être atroce en live stream et tu ne peux rien y faire. Tu espères juste que tout se passe bien.
Elliot : L’EP parle un peu de s’aider les uns les autres pendant les périodes difficiles. Même si ça ne s’est pas super bien passé pour tout le monde, au moins on peut s’aider les uns les autres. Si j’allais à Miss World, ce serait ma réponse. 
Matt : Elliot, est-ce que tu viens de dire que tu allais te présenter à Miss World !?

Bon, il y a une bonne ambiance dans cette conférence Zoom. Explorons les différentes phases de la production musicale, comme l’écriture de chansons, l’enregistrement, le jeu en live. Laquelle de ces phases préférez-vous ?
Matt : La phase en live est la plus facile, c’est juste une question d’essayer de bien jouer. Je pense qu’on fait ça plutôt bien, honnêtement. On m’a même déjà dit qu’on joue parfois mieux en live que sur le CD. La partie la plus compliquée est de composer les chansons.
Elliot : Jouer en live c’est le plus fun ; tu interagis avec le public. L’écriture, c’est différent pour chaque chanson : Certaines chansons prennent forme très rapidement, d’autres peuvent prendre des mois, et certaines on même pris jusqu’à un an. Les enregistrer a été plutôt marrant. Mais les concerts nous manquent, maintenant plus que jamais. C’est presque comme si on écrivait des chansons pour amener les gens aux concerts.

Vous nous avez dit apprécier la phase d’enregistrement. S’il vous plait, donnez-nous quelques détails.
Elliot : Les enregistrements se sont faits à Sugarhouse, qui est juste à la sortie de Manchester. On avait deux producteurs avec qui on avait déjà travaillé par le passé. C’était satisfaisant d’avoir ces chansons finies, parce que tu les écris, tu imagines la manière dont tu veux qu’elles sonnent, et tout ça devient réalité. C’est vraiment passionnant.
Matt : Écrire une chanson, c’est merveilleux une fois que tu es lancé, mais trouver un point de départ c’est compliqué. Mais après, il y a l’enregistrement ; j’adore ça à chaque fois, parce que tu peux rendre une chanson dix fois meilleure. Tu y ajoutes des couches de prises professionnelles et il y a aussi la contribution des producteurs. 

Qu’est-ce que vous observez dans l’industrie musicale au Royaume-Uni au cours de cette étrange période de Covid ?
Matt : C’est différent pour beaucoup de monde. Le secteur live au Royaume-Uni a été détruit par le Covid, car personne ne peut jouer le moindre concert, alors il n’y a pas de revenu. Et il y a les plus petits groupes qui n’ont aucun soutien financier. S’ils ne font pas de concerts et qu’ils ne vendent aucun merch, alors ils galèrent. Donc ces groupes arrêtent de jouer pour le moment. L’impact que ça a est assez énorme. Mais le label chez qui on est, Scuff of the Neck, sort énormément de musique et les gens streament beaucoup. Les gens continuent d’acheter, donc je pense que ça va pour eux. Dans le monde digital, la musique ne se porte pas mal, dans le vrai monde, elle galère.

Comment ça va pour vous personnellement ?
Matt : On travaille à côté. On est soutenu financièrement, mais pas assez pour vivre de la musique, pour le moment.

Vous auriez probablement joué dans des festivals cet été. Alors, pouvez-vous nous décrire le festival dans lequel vous auriez joué, et plus particulièrement, le moment magique de ce concert. Je vous décris le point de départ : On est au mois de juillet et il fait chaud. Le soleil brille et énormément de personnes sont devant la scène…
Elliot : Il y aurait des trucs gonflables, je sais pas, des girafes qui volent au dessus de la fosse, et ouais, de la bière qui vole dans les airs.
Matt : Elliot est torse nu derrière la batterie, Eddy (Clayton) fait le poirier sur son synthé, et moi je fais une glissade en chantant. C’est probablement ce qui se passerait.
Elliot : Je pense que quand on reviendra et qu’on fera à nouveau des concerts et des festivals l’année prochaine, la foule sera à fond. Du coup cette imagination deviendra réalité.

Et évidemment, vous étiez les têtes d’affiche du festival. Qui étaient les autres groupes qui jouaient avant vous ?
Elliot : Je pense que les Strokes auraient été juste en dessous de la tête d’affiche.
Matt : J’ai entendu que Alabama Shakes jouait aussi. Et je pense que Jack White pourrait être en ouverture, parce que c’est un assez bon musicien.
Elliot : Et quand il fait encore jour, il y aurait une légende, genre Paul Simon, à 4 heures de l’après midi.
Matt : J’ai entendu que Phil Collins pourrait être là aussi, en vrai. Ca va être un super festival, j’ai hâte.

Quel festival ! Et quel est votre instrument préféré que vous emportez toujours avec vous ?
Matt : Je ne fais pas de guitare tant que ça, mais avant on avait un truc qui s’appelait un Diddley Bow. C’était un pied d’un vieux lit avec une corde et un médiator et on pouvait utiliser un slider. On l’utilisait dans plein de morceaux. Ce serait celui-là. Probablement pas en live cela dit, on ne l’a jamais utilisé en live.
Elliot : Peut-être en 2021.
Matt : En 2021 le bow sera partout.

Quand pensez-vous pouvoir faire un concert normal à nouveau ?
Elliot : On jouera dès qu’on le peut. On a une tournée prévue pour le mois de mars. Comme tu peux le voir, on meurt d’impatience à l’idée de revenir et de faire des concerts. Les gens ont besoin de concerts et d’interaction. Ils ne veulent pas être à deux mètres les uns des autres.

Est-ce que vous pensez vraiment qu’il y aura à nouveau des mosh pits l’année prochaine ?
Matt : Essayez de les arrêter ! Impossible qu’on ait des concerts assis pour toujours. Pas moyen !
E : T’es super optimiste.
M : Ce serait la révolution autrement.

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